Outil PR·06 · Eau calcaire
Dureté de l’eau par commune : le TH de votre réseau
Le titre hydrotimétrique (TH) mesuré par le contrôle sanitaire des ARS sur 24 mois, réseau par réseau : la valeur type, sa classe, l’équivalent en °dH et ce qu’elle change pour votre plomberie.
Quelle est la dureté de l’eau chez vous ?
Tapez au moins deux lettres ou chiffres, puis choisissez dans la liste (flèches et Entrée au clavier).
L’outil de recherche n’a pas pu démarrer. Il a besoin de JavaScript. Les mêmes analyses sont consultables sur le site du ministère chargé de la santé : orobnat.sante.gouv.fr.
Échelle de dureté (ARS Auvergne-Rhône-Alpes)
- 8 °f ou moinsTrès peu calcaire
- 8 à 20 °fPeu calcaire
- 20 à 30 °fMoyennement calcaire
- Plus de 30 °fCalcaire à très calcaire
Le résultat de votre commune s’affiche ici : valeur médiane, écart relevé, nombre d’analyses, distributeur et lien vers les bulletins officiels.
La dureté de l’eau du robinet, ou titre hydrotimétrique (TH), se mesure en degrés français (°f) : un degré correspond à 10 mg de carbonate de calcium par litre. L’outil ci-dessus donne, pour votre commune, la valeur médiane des analyses du contrôle sanitaire des agences régionales de santé (ARS) sur 24 mois, réseau par réseau. C’est la dureté de l’eau publique qui entre chez vous, pas celle de votre robinet après un éventuel traitement.
D’où viennent les chiffres de l’outil ?
Idée reçue tenace : pour connaître la dureté de son eau, il faudrait acheter un test ou faire venir un vendeur. Elle est pourtant mesurée en continu par la puissance publique. Chaque ARS organise un contrôle sanitaire qui suit l’eau des captages aux usines de traitement, puis dans les réseaux jusqu’au robinet du consommateur, et confie les analyses à des laboratoires agréés par l’Anses, explique l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
Les résultats sont publiés bulletin par bulletin, commune par commune, sur le site du ministère chargé de la santé. Le ministère les rassemble aussi dans un jeu de données ouvert, publié sur data.gouv.fr sous Licence Ouverte 2.0 et mis à jour chaque mois. L’API Hub’Eau, que nous interrogeons, diffuse cette compilation ; au 15 septembre 2026, son dernier prélèvement datait du 31 juillet. Comptez donc six à huit semaines entre une analyse et sa présence dans l’outil, parfois davantage selon les départements.
Un détail pour qui voudrait refaire le calcul : jusqu’au 31 décembre 2025, la dureté était publiée sous le code Sandre 1345 (« dureté totale »), depuis janvier 2026 sous le code 7972 (« titre hydrotimétrique à l’équilibre »). Les deux séries portent le même code de paramètre « TH » dans les données : l’outil les réunit, et écarte l’« essai au marbre », un autre essai classé sous l’ancien code.
À quelle fréquence la dureté est-elle mesurée ?
Pas au même rythme partout. Le programme d’analyses est fixé par l’arrêté du 11 janvier 2007, modifié notamment le 30 décembre 2022, avec une logique simple : plus un réseau dessert de monde, plus il est contrôlé. Les grandes agglomérations font l’objet de contrôles fréquents, tandis que les petites communes rurales ne sont contrôlées que quelques fois par an, résume l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
Sur 24 mois, un réseau de grande ville cumule plusieurs centaines d’analyses du TH, quand un hameau de montagne en compte cinq. D’après notre traitement des données publiques au 26 septembre 2026, la moitié des réseaux mesurés comptent 7 analyses ou moins sur la période, et 4 % en comptent moins de trois. L’outil le signale alors : une valeur tirée d’une ou deux analyses reste un ordre de grandeur.
D’où le choix d’une médiane plutôt que d’une moyenne. Classez les analyses d’un réseau de la plus basse à la plus haute : la médiane est celle du milieu. Une analyse isolée, très basse ou très haute, tire une moyenne ; elle ne déplace presque pas la médiane. Ces valeurs extrêmes restent visibles dans la ligne « écart relevé ».
Comment lire le résultat de votre commune ?
Le grand chiffre est la médiane du réseau, en °f. Précédé de « moins de », il signale un résultat sous la limite de quantification du laboratoire. Suivent la classe, les équivalents en °dH et en mmol/L, la période, le nombre d’analyses et le distributeur (l’exploitant du réseau).
Les classes reprennent l’échelle de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. L’agence rappelle que la réglementation ne fixe aucune limite pour la dureté, mais demande une eau non corrosive et légèrement entartrante, et qu’il est admis que la dureté se situe entre 8 et 25 °f.
| Classe (ARS Auvergne-Rhône-Alpes) | TH en °f | En °dH | En mmol/L |
|---|---|---|---|
| Eau très peu calcaire | 8 ou moins | 4,5 ou moins | 0,8 ou moins |
| Eau peu calcaire | 8 à 20 | 4,5 à 11,2 | 0,8 à 2 |
| Eau moyennement calcaire | 20 à 30 | 11,2 à 16,9 | 2 à 3 |
| Eau calcaire à très calcaire | plus de 30 | plus de 16,9 | plus de 3 |
Les conversions découlent de la définition des unités : un degré français vaut 10 mg de carbonate de calcium par litre, soit 0,1 mmol/L, et un degré allemand (°dH) 10 mg d’oxyde de calcium par litre, soit environ 1,78 °f. Notre tableau de dureté de l’eau compare les barèmes publiés et donne aussi les conversions en ppm et en grains par gallon.

Pourquoi deux rues d’une même ville n’ont-elles pas la même eau ?
Parce que la commune n’est pas l’unité qui compte. Le contrôle sanitaire raisonne par unité de distribution (UDI), un ensemble de canalisations au sein duquel la qualité de l’eau est considérée comme homogène, selon la définition du ministère. Une petite commune dépend souvent d’une seule UDI, parfois partagée avec ses voisines ; une grande ville peut en compter plusieurs, alimentées par des ressources différentes.
Paris en est l’exemple le plus net. La capitale est découpée en quatre réseaux, et leurs médianes allaient de 25,8 à 29,2 °f dans notre calcul du 26 septembre 2026. Marseille, hors réseaux du Grand Port Maritime, se répartit en trois réseaux dont les médianes allaient de 16,9 à 21,6 °f. Au total, 6 390 communes, soit 18 % de celles que couvre l’outil, ont au moins deux réseaux mesurés, et l’écart entre leurs médianes dépasse 5 °f dans 2 264 d’entre elles. L’outil affiche donc une valeur par réseau, avec le quartier desservi quand les données le précisent, plutôt qu’une moyenne qui ne correspondrait à aucun robinet.
Dans un même réseau, la valeur bouge aussi, au gré des ressources que mélange le distributeur. Et une copropriété équipée d’un traitement collectif ne boit plus tout à fait l’eau du réseau : posez la question au syndic.

Que faire selon la dureté de votre eau ?
En dessous de 8 °f, l’eau est très douce et aucun traitement anti-calcaire n’a de sens. La vigilance porte sur l’inverse : une eau très peu calcaire peut dissoudre une partie des métaux des conduites, notamment le plomb d’anciennes tuyauteries, le fer ou le cuivre, surtout après une longue stagnation, prévient l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, qui conseille de laisser couler l’eau une à deux minutes avant de la boire après quelques jours d’absence.
Entre 8 et 20 °f, vous êtes au cœur de la plage admise. L’entretien courant suffit : détartrer de temps en temps mousseurs, pommeau de douche et bouilloire, et renseigner la dureté dans les appareils qui la demandent.
Entre 20 et 30 °f, c’est la zone de décision : au-delà de 25 °f, limite haute de la plage admise, un traitement de l’eau chaude peut se discuter. Pour le chauffe-eau, le dossier eau chaude détaille le réglage de la température et le rythme de détartrage conseillés par les fabricants.
Au-delà de 30 °f, un adoucisseur bien réglé se justifie. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes recommande de le réserver au réseau d’eau chaude et de garder des points d’eau non traitée pour la boisson. Le dossier eau calcaire et pression détaille son fonctionnement, son prix et ce que valent les alternatives, dont les anti-calcaires magnétiques.
Astuce
Un démarcheur veut « tester » votre eau avant de vous vendre un appareil ? Comparez son chiffre à la médiane de votre réseau : quelques degrés d’écart sont normaux, un écart du simple au double doit vous faire réfléchir avant de signer.
Quand appeler un professionnel
La pose d’un adoucisseur sur l’arrivée générale relève d’un plombier qualifié : by-pass, piquage d’eau non adoucie pour la cuisine, évacuation des eaux de régénération. Faites aussi appel à un plombier si votre eau est très douce et que vous soupçonnez des canalisations en plomb dans un logement ancien : l’ARS conseille fortement de les remplacer intégralement. Pour la qualité de l’eau distribuée elle-même, l’interlocuteur est le service des eaux de votre commune.
Méthodologie et limites de l’outil
Pour chaque département, l’outil récupère les analyses du paramètre TH des 24 derniers mois et relie chaque commune à ses réseaux grâce à la table publiée avec les mêmes données (année en cours, à défaut la précédente). Une analyse compte pour le réseau où elle a été prélevée et pour ceux qui reçoivent au moins la moitié de leur eau de l’installation prélevée. Chaque prélèvement n’est compté qu’une fois, les valeurs « inférieures à » sont lues telles quelles, et les réseaux du Grand Port Maritime de Marseille, sans logements, sont écartés. Les communes déléguées sont rattachées à leur commune nouvelle.
Pour chaque réseau, l’outil calcule la médiane, les valeurs extrêmes, le nombre d’analyses et leurs dates, et retient le distributeur de l’analyse la plus récente. Chaque jour, quatre départements sont relus automatiquement : le pays entier est rafraîchi en quatre semaines environ. Dernière mise à jour : 24 octobre 2026 ; département le plus ancien relu le 28 septembre 2026.
Les limites sont assumées. C’est la valeur du réseau public, pas celle de votre robinet. Les données arrivent avec plusieurs semaines de décalage, et les petits réseaux reposent sur peu d’analyses. L’échelle de l’ARS, définie sur une moyenne, est appliquée ici à la médiane. Enfin, la série de 2026 réunit deux paramètres que le référentiel Sandre définit séparément.
Source et licence des données
Source : ministère chargé de la santé, résultats du contrôle sanitaire de l’eau distribuée commune par commune, diffusés par l’API Hub’Eau « qualité de l’eau potable », Licence Ouverte / Open Licence 2.0. Noms, codes postaux et rattachements des communes : API Découpage administratif (geo.api.gouv.fr). Classes de dureté : synthèse annuelle de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes sur la qualité de l’eau distribuée. Traitement, calculs et textes : Plombier Repair.
Questions fréquentes
Quelle est la dureté idéale de l’eau du robinet ?
Il n’existe pas de valeur réglementaire. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que l’eau doit être légèrement entartrante sans être corrosive, et qu’il est admis que sa dureté se situe entre 8 et 25 °f. En dessous, l’eau peut attaquer les métaux des conduites ; au-dessus, le tartre gêne surtout l’eau chaude et l’électroménager.
Une eau très calcaire est-elle mauvaise pour la santé ?
Non. Selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, la dureté n’a pas d’effet direct sur la santé, et une eau dure peut même couvrir jusqu’à un tiers des besoins journaliers en calcium ou en magnésium. Son dépôt de tartre protège aussi les canalisations de la corrosion. Ses inconvénients relèvent du confort et de l’entretien des appareils.
Pourquoi ma commune n’a-t-elle pas de valeur dans l’outil ?
Soit aucune analyse du TH n’a été publiée pour ses réseaux sur 24 mois, cas de petits réseaux peu contrôlés, soit la commune n’apparaît dans aucun réseau des données. La mairie affiche les derniers résultats d’analyse, et une note annuelle sur la qualité de l’eau accompagne la facture, dont notre guide du prix du m³ d’eau détaille les lignes.
Une bandelette de test donne un autre chiffre : qui croire ?
Les bandelettes colorées donnent une fourchette approximative, lue à l’œil sur un nuancier. Un kit de titration à gouttes est plus précis. Un écart modéré avec l’outil est normal : la médiane résume des mois d’analyses, alors qu’un test mesure un instant. Un gros écart peut signaler un traitement dans l’immeuble ou chez vous. Notre guide du test de dureté de l’eau compare les méthodes et leur précision.
Comment convertir des °f en °dH pour régler un lave-vaisselle ?
Divisez la valeur en °f par 1,78 : une eau à 27 °f fait environ 15,2 °dH. Pour des millimoles par litre, divisez les °f par 10, soit 2,7 mmol/L dans cet exemple. Reportez ensuite la valeur dans le menu de dureté de l’appareil, en suivant le tableau de réglage de sa notice, ou notre guide du réglage de la dureté du lave-vaisselle, marque par marque.