PR·06·02Dossier 06 · Eau calcaire et pression
Tableau de dureté de l’eau : classes, °f, °dH et conversions
- Niveau
- Facile
- Durée
- 5 à 10 min pour convertir le TH de votre commune et le situer dans les barèmes
- Budget
- Gratuit : le TH de votre commune est publié par le contrôle sanitaire (un kit de dureté sert surtout pour une eau de puits ou pour régler un adoucisseur)
- Outils
- Le TH de votre commune ou un kit de dureté, une calculatrice
Sommaire de la fiche
Il n’existe pas de tableau officiel de la dureté de l’eau en France : la réglementation ne fixe aucune limite de TH, et chaque organisme publie son propre barème. Parmi eux, celui de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a l’avantage de venir d’une autorité sanitaire : il classe l’eau de « très peu calcaire » (8 °f ou moins) à « calcaire à très calcaire » (plus de 30 °f). Pour convertir, une seule équivalence suffit : 1 °f vaut 10 mg de carbonate de calcium par litre, soit 0,1 mmol/L ou 0,56 °dH.
Qu’est-ce que le TH, et que mesure un degré français ?
Le TH, ou titre hydrotimétrique, mesure la quantité de calcium et de magnésium dissous dans l’eau. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes le définit comme la teneur globale d’une eau en sels de calcium et de magnésium, deux éléments étroitement liés à la géologie locale. D’autres ions pèsent un peu (fer, manganèse, strontium, zinc), mais l’Organisation mondiale de la santé rappelle que le calcium et le magnésium font l’essentiel de la dureté. C’est pourquoi une eau qui a traversé du calcaire ou de la craie sort dure, et une eau de massif granitique sort douce.
Le degré français est une convention de calcul. On compte tout le calcium et tout le magnésium comme s’ils formaient du carbonate de calcium, puis on divise par 10 mg. Un degré français correspond donc à 10 mg de carbonate de calcium par litre, ou à 0,1 millimole de calcium et de magnésium par litre. Une eau à 25 °f ne contient donc pas 250 mg de calcaire en suspension : ces 250 mg sont un équivalent de calcul, pas une masse de dépôt. Ramené aux éléments eux-mêmes, 1 °f représente 4,0 mg de calcium ou 2,43 mg de magnésium par litre, d’après leurs masses molaires.
Attention à la casse. Le degré français s’écrit avec un f minuscule (°f), et la SSIGE suisse écrit °fH. Avec une majuscule, °F désigne le degré Fahrenheit, une température. Beaucoup de fabricants et de sites écrivent pourtant °F pour la dureté, et certains parlent de « °TH » : dans un contexte d’eau calcaire, c’est toujours le même degré français.
TH, TAC, GH, KH : ne pas confondre les sigles
Le TAC, ou titre alcalimétrique complet, mesure autre chose : les carbonates et surtout les hydrogénocarbonates (bicarbonates) dissous. Il s’exprime lui aussi en degrés français, un degré de TAC valant 12,2 mg d’hydrogénocarbonates par litre. La part de la dureté associée à ces bicarbonates est la dureté carbonatée, dite temporaire, et le reste la dureté permanente, distinction que reprend le document de référence de l’OMS sur la dureté. La première compte le plus pour la plomberie, parce qu’elle précipite quand l’eau chauffe ou s’évapore : c’est elle qui tapisse la résistance du chauffe-eau et la bouilloire.
Les bandelettes et les notices allemandes parlent de GH (Gesamthärte, la dureté totale, qui correspond au TH) et de KH (Karbonathärte, la dureté carbonatée), tous deux en degrés allemands. Si votre kit affiche un GH en °dH, c’est votre TH à convertir, pas une autre mesure.
Quelle est l’échelle de la dureté de l’eau ? Six barèmes qui ne se recoupent pas
La réglementation française ne classe pas la dureté. L’arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux destinées à la consommation humaine, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2023, ne donne aucune valeur pour le TH. Il demande seulement que les eaux soient « à l’équilibre calcocarbonique ou légèrement incrustantes », autrement dit ni agressives pour les canalisations, ni franchement entartrantes. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes l’écrit sans détour dans sa synthèse sur l’eau distribuée : la réglementation ne fixe pas de valeur limite ou de référence de qualité pour la dureté.
Faute de barème officiel, chaque acteur a construit le sien, pour ses propres besoins. Voici ceux qu’un particulier français croise le plus souvent, avec leur origine exacte.
| Qui publie ce barème | À quoi il sert | Classes, en °f |
|---|---|---|
| ARS Auvergne-Rhône-Alpes, synthèse annuelle de la qualité de l’eau distribuée | Informer les abonnés sur leur eau | 8 ou moins : très peu calcaire · 8 à 20 : peu calcaire · 20 à 30 : moyennement calcaire · plus de 30 : calcaire à très calcaire |
| Atlantic, fabricant de chauffe-eau (aide en ligne, mise à jour du 5 juillet 2026) | Régler un adoucisseur placé avant un chauffe-eau | moins de 8 : très douce · 8 à 16 : douce · 16 à 30 : moyennement dure · plus de 30 : très dure |
| Bosch Électroménager (aide en ligne des lave-vaisselle) | Régler l’adoucisseur intégré du lave-vaisselle | 0 à 8 : très douce · 8 à 15 : douce · 15 à 30 : moyennement dure · plus de 30 : très dure |
| SSIGE (Société suisse de l’industrie du gaz et des eaux), fiche n° 13 de 2008 | Classes rattachées par la SSIGE à la loi fédérale suisse sur les denrées alimentaires | 0 à 7 : très douce · 7 à 15 : douce · 15 à 25 : moyennement dure · 25 à 32 : assez dure · 32 à 42 : dure · plus de 42 : très dure |
| Loi allemande sur les lessives (WRMG, article 9) | Fixer les trois plages de dureté que chaque distributeur d’eau doit annoncer à ses abonnés au moins une fois par an | moins de 1,5 mmol/L, soit 15 °f : douce · 15 à 25 : moyenne · plus de 25 : dure |
| OMS, document de référence sur la dureté (2011), qui reprend un manuel publié en 2000 par la Water Quality Association américaine | Vocabulaire international, en mg/L de CaCO3 | moins de 6 : douce · 6 à 12 : modérément dure · 12 à 18 : dure · plus de 18 : très dure |
Pourquoi les seuils ne tombent pas au même endroit
Chaque barème répond à une question différente. L’agence de santé décrit une eau à des abonnés, le fabricant de chauffe-eau protège une cuve et une résistance, le fabricant de lave-vaisselle règle une résine, le législateur allemand donne à chaque abonné la plage de son eau pour doser la lessive. La loi allemande raisonne en millimoles, d’où ses seuils ronds de 1,5 et 2,5 mmol/L, qui tombent sur 15 et 25 °f. La classification reprise par l’OMS vient des États-Unis et compte en milligrammes de carbonate de calcium, d’où ses paliers de 60, 120 et 180 mg/L.
La conséquence est déroutante : une eau à 19 °f est « très dure » au sens de la classification citée par l’OMS, « moyennement dure » pour Bosch et « peu calcaire » pour l’ARS. Retenez le chiffre, pas l’adjectif. Quand un vendeur vous annonce une eau « très dure », demandez-lui la valeur en °f et le barème qu’il utilise.
Quel tableau de dureté retenir pour une eau du robinet française ?
Pour lire le TH de votre commune, le barème de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a deux mérites : il vient d’une autorité sanitaire, et il est construit sur les moyennes du contrôle sanitaire. La même synthèse ajoute un repère : il est « admis » que la dureté doit être comprise entre 8 et 25 °f. Ce n’est pas une valeur réglementaire, mais une fourchette de bon sens entre deux risques, la corrosion en dessous, le tartre au-dessus. Les synthèses d’autres agences régionales peuvent formuler les classes autrement ; le chiffre en °f, lui, reste comparable partout. Voici ce barème avec ses équivalents dans les autres unités.
| Classe (ARS Auvergne-Rhône-Alpes) | °f | °dH | mmol/L | mg/L de CaCO3 (ppm) |
|---|---|---|---|---|
| Eau très peu calcaire | 8 ou moins | 4,5 ou moins | 0,8 ou moins | 80 ou moins |
| Eau peu calcaire | 8 à 20 | 4,5 à 11,2 | 0,8 à 2,0 | 80 à 200 |
| Eau moyennement calcaire | 20 à 30 | 11,2 à 16,8 | 2,0 à 3,0 | 200 à 300 |
| Eau calcaire à très calcaire | plus de 30 | plus de 16,8 | plus de 3,0 | plus de 300 |
Ce tableau ne dit rien de la santé : selon la même agence, la dureté n’a pas d’effet direct sur la santé, et une eau calcaire peut couvrir jusqu’au tiers des besoins quotidiens en calcium ou en magnésium. Il parle de confort et d’usure des équipements, exactement ce qui intéresse la plomberie. Le dossier Eau calcaire et pression reprend ces classes du côté des solutions, de l’entretien courant à l’adoucisseur.

Comment convertir la dureté de l’eau en °f, °dH, mmol/L ou ppm ?
Toutes ces unités mesurent la même chose, exprimée selon des habitudes nationales. La France compte en carbonate de calcium, à 10 mg par degré. L’Allemagne compte en oxyde de calcium : un degré allemand vaut 10 mg de CaO par litre, ce qui fait 17,85 mg de carbonate de calcium. Le degré anglais, ou degré Clark, correspond à un grain de carbonate de calcium par gallon impérial. Les Américains parlent en ppm ou en grains par gallon américain. La millimole par litre, enfin, est l’unité du système international, celle qu’emploient la loi allemande et la SSIGE.
Les facteurs du tableau ci-dessous sont calculés à partir des masses molaires du carbonate de calcium (100,09 g/mol) et de l’oxyde de calcium (56,08 g/mol), du grain (64,80 mg) et des deux gallons. Ils sont arrondis à trois chiffres significatifs.
Le tableau de conversion des unités de dureté
| 1 unité de… | en °f | en °dH | en °e (Clark) | en mmol/L | en mg/L CaCO3 (ppm) |
|---|---|---|---|---|---|
| °f (degré français) | 1 | 0,560 | 0,702 | 0,0999 | 10 |
| °dH (degré allemand) | 1,78 | 1 | 1,25 | 0,178 | 17,8 |
| °e (degré anglais, Clark) | 1,43 | 0,799 | 1 | 0,142 | 14,3 |
| mmol/L (calcium + magnésium) | 10,0 | 5,61 | 7,02 | 1 | 100 |
| mg/L de CaCO3 ou ppm | 0,1 | 0,0560 | 0,0702 | 0,00999 | 1 |
| gpg (grain par gallon américain) | 1,71 | 0,959 | 1,20 | 0,171 | 17,1 |
Astuce
Pour convertir de tête : des °dH en °f, multipliez par 1,8 (l’arrondi que donne la SSIGE) ; des °f en mmol/L, divisez par 10 ; des °f en ppm, multipliez par 10. L’erreur est nulle ou négligeable sur les deux derniers calculs et inférieure à 1 % sur le premier, bien moins que l’imprécision d’une bandelette.
Les valeurs courantes déjà converties
| °f | °dH | mmol/L | ppm (mg/L CaCO3) | °e |
|---|---|---|---|---|
| 5 | 2,8 | 0,5 | 50 | 3,5 |
| 8 | 4,5 | 0,8 | 80 | 5,6 |
| 10 | 5,6 | 1,0 | 100 | 7,0 |
| 15 | 8,4 | 1,5 | 150 | 10,5 |
| 20 | 11,2 | 2,0 | 200 | 14,0 |
| 25 | 14,0 | 2,5 | 250 | 17,5 |
| 30 | 16,8 | 3,0 | 300 | 21,0 |
| 35 | 19,6 | 3,5 | 350 | 24,6 |
| 40 | 22,4 | 4,0 | 400 | 28,1 |
| 50 | 28,0 | 5,0 | 500 | 35,1 |
Lire le résultat d’une bandelette ou d’un kit
Les kits vendus en France ne parlent pas tous la même langue : selon leur origine, le nuancier est gradué en °f, en °dH, en ppm ou en gpg. La conversion ne prend qu’une minute, à condition de suivre l’ordre. Le choix entre bandelette, kit à gouttes, testeur électronique et analyse en laboratoire, prix relevés à l’appui, fait l’objet de notre guide du test de dureté de l’eau.
- Repérer l’unité sur le nuancier ou la notice. Un chiffre sans unité ne veut rien dire : 14 peut signifier 14 °f, une eau peu calcaire, ou 14 °dH, soit 25 °f.
- Noter la plage, pas un chiffre précis. Une bandelette donne une fourchette de couleur. Un kit à gouttes, où l’on compte les gouttes jusqu’au virage de couleur, donne une valeur plus fine.
- Convertir avec le bon facteur. Des °dH vers les °f, multipliez par 1,78 ; des ppm vers les °f, divisez par 10 ; des gpg vers les °f, multipliez par 1,71.
- Comparer avec le TH publié pour votre commune. Un écart de quelques degrés est normal. Un écart du simple au double peut trahir une erreur d’unité, un kit périmé ou un traitement de l’eau dans l’immeuble.
- Reporter la valeur dans l’unité que demande l’appareil. Chaque appareil a sa propre échelle de réglage, et Bosch renvoie au mode d’emploi de chaque modèle pour la table de correspondance avec le TH. Si elle n’est pas graduée en °f, convertissez avant de choisir le niveau.
Calculer le TH à partir du calcium et du magnésium
Une analyse d’eau de puits ou l’étiquette d’une eau en bouteille donnent souvent le calcium et le magnésium en mg/L, sans le TH. Le calcul est simple : TH en °f = calcium en mg/L × 0,25 + magnésium en mg/L × 0,41. Prenons une eau qui contiendrait 80 mg/L de calcium et 20 mg/L de magnésium : 80 × 0,25 = 20, plus 20 × 0,41 = 8,2, soit un TH d’environ 28 °f. Les coefficients viennent directement des masses molaires (10 divisé par 40,08 pour le calcium, par 24,31 pour le magnésium).
Quelle est la bonne dureté de l’eau, en °f et en ppm ?
Aucun texte ne fixe de dureté idéale. Les repères disponibles convergent pourtant vers le milieu de l’échelle. La fourchette « admise » citée par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes va de 8 à 25 °f, soit 80 à 250 ppm. Côté chauffe-eau, Atlantic considère qu’une eau est « parfaitement équilibrée » à 15 °f, soit 150 ppm. Ces deux chiffres répondent aux questions qu’on lit partout sur le « TH idéal » ou la « bonne dureté en ppm ».
La logique est physique. Trop dure, l’eau dépose du tartre dès qu’on la chauffe. Trop douce, elle devient agressive : l’OMS note qu’une eau douce non stabilisée tend à corroder les métaux et à libérer du plomb ou du cuivre dans l’eau du robinet, et l’ARS rappelle qu’une eau calcaire peut au contraire protéger les canalisations par une couche de tartre. Le « bon » TH n’est donc pas le plus bas possible, mais celui qui ménage à la fois la cuve, la résistance et les tuyaux.
Ce que chaque classe change pour la plomberie de la maison
Le tableau suivant croise les classes de dureté avec les repères chiffrés donnés par les fabricants et les textes cités dans ce guide. Il indique une tendance, pas un diagnostic : la température de l’eau chaude, le TAC et la consommation pèsent aussi sur la vitesse d’entartrage.
| TH | Ce qui se passe | Le bon réflexe |
|---|---|---|
| Moins de 8 °f | Pas de tartre, mais une eau agressive : elle peut dissoudre le plomb d’anciennes conduites, le fer ou le cuivre après stagnation (ARS), et la cuve d’un chauffe-eau se corrode plus vite (Atlantic). | Aucun adoucisseur. Faire couler l’eau avant de la boire après une absence, vérifier la protection anticorrosion du chauffe-eau. |
| 8 à 15 °f | Zone d’équilibre : peu de tartre, peu de corrosion. Plage « douce » des lessives en Allemagne et en Suisse. | Entretien courant, dose de lessive la plus faible. |
| 15 à 20 °f | Tartre lent sur les mousseurs, le pommeau de douche et la résistance. Plage « moyenne » des lessives. | Détartrer de temps en temps, régler l’adoucisseur du lave-vaisselle. |
| 20 à 30 °f | Au-delà de 20 °f, la notice Égéo d’Atlantic recommande de traiter l’eau du chauffe-eau et Bosch le sel au lave-vaisselle. Au-delà de 25 °f, dose de lessive « eau dure ». | Sel au lave-vaisselle, détartrage plus fréquent, question de l’adoucisseur à étudier. |
| Plus de 30 °f | Eau « très dure » pour Atlantic et Bosch, « calcaire à très calcaire » pour l’ARS. La SSIGE ne conseille d’adoucir l’eau potable qu’à partir de 30 °fH. | Un adoucisseur bien réglé se justifie, avec une dureté résiduelle et un robinet d’eau non adoucie. |
Chauffe-eau : tartre au-dessus, corrosion en dessous
Le chauffe-eau est l’appareil le plus exposé, parce qu’il chauffe l’eau en continu. Atlantic résume les deux risques : avec une eau dure, la résistance s’entartre plus vite, l’eau chauffe moins vite et la résistance consomme davantage ; avec une eau douce, donc agressive, la cuve se corrode rapidement. Le fabricant conseille une résistance stéatite, protégée du tartre dans un fourreau émaillé, là où l’eau est dure, et une protection anticorrosion plus poussée qu’une simple anode en magnésium là où elle est douce.
La notice d’installation de son chauffe-eau thermodynamique Égéo va plus loin. Elle recommande de traiter l’eau au-delà de 20 °f, impose une dureté supérieure à 8 °f derrière un adoucisseur, et exclut de la garantie les pannes dues à « une eau adoucie présentant un Th<8°f ». Un réglage d’adoucisseur trop zélé peut donc coûter la garantie du ballon. L’entretien courant, vidange et anode comprises, est détaillé dans le dossier Eau chaude.
Robinetterie, douche et conduites d’eau chaude
La SSIGE cite, parmi les installations qui s’entartrent, les pommeaux de douche et les conduites d’eau chaude, en plus des appareils. Le calcaire précipite là où l’eau chauffe ou s’évapore : buses de la douche, mousseurs, cartouches de mitigeur, parois vitrées. Plus le TH monte, plus ces pièces demandent un détartrage fréquent, et un pommeau à buses souples devient un vrai confort. Le choix d’une douchette facile à détartrer est traité dans notre guide pommeau de douche.
La température joue autant que le TH. La même fiche de la SSIGE conseille de ne pas dépasser 60 °C pour l’eau chaude, sans descendre en dessous pour des raisons d’hygiène liées aux légionelles. C’est même le premier de ses conseils anti-calcaire : plus l’eau est chauffée, plus le calcaire précipite.

Lave-linge : la dureté fixe la dose de lessive
Le lave-linge chauffe l’eau et s’entartre comme tout appareil de ce type, mais c’est surtout la dose de lessive que la dureté fait varier. Le règlement européen n° 648/2004 sur les détergents oblige les fabricants à indiquer sur l’emballage les doses recommandées pour une eau douce, moyenne et dure. Il fixe aussi la référence de calcul : le nombre de lavages annoncé sur le paquet s’entend avec une eau de dureté moyenne, 2,5 mmol/L, soit 25 °f.
Le règlement ne définit pas les limites des trois plages. L’Allemagne les a fixées par la loi (moins de 1,5 mmol/L, soit 15 °f, puis 15 à 25 °f, puis plus de 25 °f), et la SSIGE retient les mêmes seuils en Suisse. Sur un paquet vendu en France, lisez les plages imprimées par le fabricant, puis placez-y le TH de votre commune. Doser « eau dure » avec une eau à 12 °f revient à gaspiller de la lessive à chaque cycle.
Lave-vaisselle : un adoucisseur intégré à régler
Le lave-vaisselle contient déjà un petit adoucisseur à résine, alimenté par le sel régénérant dont le réservoir se trouve à l’intérieur de la cuve. Bosch demande de régler la dureté avant la première utilisation et juge le sel « fortement recommandé » à partir de 20 °f. Un mauvais réglage laisse, selon le fabricant, des traces sur la vaisselle et les parois, du calcaire sur la résistance, et peut abîmer la résine de manière irréversible. La table de correspondance entre le TH et les niveaux de réglage figure dans le mode d’emploi, le paramétrage variant selon les modèles, précise Bosch : quand elle n’est pas graduée en °f, c’est là que le tableau de conversion sert le plus. Les tables de réglage de Bosch, Siemens, Beko, Whirlpool, Miele et Electrolux sont reprises marque par marque dans notre guide du réglage de la dureté du lave-vaisselle.

Eau adoucie : existe-t-il une dureté minimale réglementaire ?
Vous lirez souvent qu’une loi impose de ne pas descendre sous 15 °f en sortie d’adoucisseur. Nous n’avons trouvé aucun texte en vigueur qui le prévoie. L’arrêté du 11 janvier 2007, dans sa version applicable depuis le 1er janvier 2023, ne contient aucune valeur de TH, ni générale ni propre aux eaux adoucies. La circulaire de la Direction générale de la santé du 28 mars 2000, qui range l’adoucissement sur résine parmi les procédés de traitement admis pour l’eau potable, n’en fixe pas davantage. La directive européenne 2020/2184 sur l’eau potable pose le principe (annexe I, partie C) : une eau ne devrait être ni agressive ni corrosive, en particulier après un adoucissement, et des concentrations minimales en calcium et en magnésium « pourraient être établies » pour les eaux adoucies. C’est une possibilité laissée aux États, pas une obligation. La même directive range en revanche la dureté parmi les informations que le public doit pouvoir consulter (annexe IV).
Restent des recommandations, qui se rejoignent. Atlantic exige plus de 8 °f et vise 15 °f. La SSIGE conseille de ne pas adoucir une eau potable sous 30 °fH et de garder une dureté résiduelle d’au moins 12 à 15 °fH. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes recommande de réserver les adoucisseurs au réseau d’eau chaude sanitaire et de garder des points d’eau non traitée pour la boisson. Il y a aussi le sodium : chaque degré retiré par la résine est remplacé par environ 4,6 mg de sodium par litre, un calcul détaillé dans la partie du dossier consacrée à l’eau adoucie au robinet.
Attention
Ne réglez jamais un adoucisseur à 0 °f « pour être tranquille ». Selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, un adoucisseur peut accélérer la dissolution des métaux des conduites, et la notice d’au moins un grand fabricant de chauffe-eau exclut de sa garantie une eau adoucie sous 8 °f. Contrôlez la dureté en sortie avec un kit après chaque réglage.
Comment connaître la dureté de l’eau chez vous ?
Pour l’eau du réseau public, pas besoin d’analyse payante. La fiche Service-Public consacrée à la qualité de l’eau du robinet, vérifiée le 17 août 2026, rappelle les trois sources : les résultats du contrôle sanitaire publiés commune par commune sur le site du ministère chargé de la santé, l’affichage en mairie, et la note de synthèse jointe chaque année à la facture d’eau. Notre outil dureté de l’eau par commune rassemble ces résultats du contrôle sanitaire : pour chaque réseau qui dessert votre commune, il affiche la médiane des analyses des 24 derniers mois, les valeurs extrêmes, le nombre d’analyses et la période couverte.
Deux précautions avant de convertir quoi que ce soit. Une même commune peut être alimentée par plusieurs réseaux dont les TH diffèrent : retenez celui de votre quartier. Et pour une eau de puits ou de source privée, aucune donnée publique n’existe : le kit à gouttes ou l’analyse en laboratoire sont les seules façons de connaître son TH. La méthode pas à pas pour lire un bulletin d’analyse figure dans le dossier, à la section comment connaître la dureté de l’eau de sa commune, et les limites des appareils anti-calcaire qui ne changent pas le TH sont passées en revue dans notre fiche anti-calcaire magnétique.
Quand appeler un professionnel
Convertir et comparer des chiffres ne demande aucun professionnel. Faites en revanche appel à un plombier qualifié pour raccorder un adoucisseur sur l’arrivée générale, avec by-pass, piquage d’eau non adoucie pour la cuisine et évacuation de régénération, puis pour le régler au bon TH de sortie. Consultez-le aussi si un chauffe-eau alimenté par une eau très douce ou adoucie présente des traces de rouille, une fuite de cuve ou une anode rongée en peu de temps. Dans un logement ancien alimenté par une eau très peu calcaire, un plombier vérifie s’il reste des canalisations en plomb, que l’ARS conseille fortement de remplacer intégralement. Pour une eau de puits destinée à la boisson, l’analyse se confie à un laboratoire, et la mairie doit être informée de toute ressource privée. Pour un TH qui change brutalement au robinet, interrogez d’abord votre distributeur d’eau.
Questions fréquentes
Quels sont les inconvénients d’une eau dure ?
Trois reviennent chez les fabricants et les autorités. Le tartre sur les appareils qui chauffent l’eau, d’abord : la résistance d’un chauffe-eau entartrée chauffe moins vite et consomme plus, selon Atlantic. La consommation de lessive et de savon, ensuite, plus élevée en eau dure, comme le rappelle l’OMS. Les traces, enfin, sur la vaisselle, les parois de douche et la robinetterie. Aucun de ces inconvénients ne touche la santé.
Quel TH régler en sortie d’adoucisseur ?
Aucune valeur n’est imposée par les textes français en vigueur. Les repères publiés convergent autour de 12 à 15 °f : Atlantic exige plus de 8 °f et vise idéalement 15 °f devant un chauffe-eau, la SSIGE conseille une dureté résiduelle d’au moins 12 à 15 °fH. Gardez en plus un robinet d’eau non adoucie pour la boisson et la cuisine, et vérifiez le résultat au kit après chaque réglage.
°f et °F, est-ce la même unité ?
Non. Le degré français de dureté s’écrit avec un f minuscule (°f), ou °fH en Suisse, et vaut 10 mg de carbonate de calcium par litre. Le °F majuscule est le degré Fahrenheit, une unité de température. Dans la pratique, beaucoup de fabricants écrivent °F pour la dureté : si le texte parle de calcaire, d’adoucisseur ou de TH, il s’agit bien du degré français.
Un testeur « TDS » qui affiche des ppm mesure-t-il la dureté ?
Non. Ce petit stylo mesure la conductivité électrique de l’eau et la convertit en matières dissoutes totales. Il additionne tous les sels, calcium, magnésium, mais aussi sodium, chlorures ou sulfates, sans les distinguer. Une eau adoucie, où le calcium a été remplacé par du sodium, peut ainsi afficher un chiffre voisin de l’eau d’origine. Pour la dureté, utilisez une bandelette ou un kit à gouttes gradué en °f ou en °dH.
Une eau très douce est-elle meilleure pour la plomberie ?
Pas forcément. Sous 8 °f, l’eau ne laisse plus de tartre, mais elle devient agressive : l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes indique qu’elle peut dissoudre le plomb d’anciennes tuyauteries, le fer ou le cuivre, surtout après une stagnation, et Atlantic note que la cuve d’un chauffe-eau s’y corrode plus vite. D’où le conseil de laisser couler l’eau une à deux minutes avant de la boire après quelques jours d’absence.
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