PR·06·03Dossier 06 · Eau calcaire et pression
Test de dureté de l’eau : bandelette, kit, TDS ou laboratoire
- Niveau
- Facile
- Durée
- Quelques minutes pour un kit à gouttes ou une bandelette ; 10 à 12 jours ouvrés pour un résultat de laboratoire
- Budget
- 9,30 à 13,90 € le kit à gouttes, 44,50 à 59,90 € les 100 bandelettes, 65 € une analyse de laboratoire (prix constatés, relevé septembre 2026)
- Outils
- Un kit de dureté à gouttes ou des bandelettes, le TH publié pour votre commune
Sommaire de la fiche
Pour tester la dureté de l’eau chez soi, le kit à gouttes est la méthode à retenir : on verse un réactif goutte à goutte dans 10 mL d’eau jusqu’au changement de couleur, et le nombre de gouttes donne le titre hydrotimétrique (TH) à 1 °f près, pour 9 à 14 € le flacon (prix relevés en septembre 2026). La bandelette ne livre qu’une fourchette, le testeur électronique TDS ne mesure pas la dureté du tout, et l’analyse en laboratoire, 65 € pour le forfait calcaire d’un laboratoire public, se justifie surtout pour une eau de puits ou le réglage fin d’un adoucisseur. Pour l’eau du réseau public, le chiffre de référence existe déjà, et il est gratuit : c’est celui du contrôle sanitaire des ARS.
Comment faire un test de dureté de l’eau, et avec quoi ?
On croit volontiers qu’un testeur électronique est forcément plus précis qu’un flacon de réactif. Pour la dureté, c’est l’inverse. Le petit stylo à écran numérique vendu comme « testeur d’eau » ne la mesure pas, alors que le flacon à une dizaine d’euros reproduit, en plus rustique, le geste qu’accomplit un laboratoire. Avant de choisir, il faut donc savoir ce que l’on cherche à compter.
La dureté, ou TH, c’est la quantité d’ions calcium et magnésium dissous dans l’eau, exprimée en degrés français : 1 °f correspond à 10 mg de carbonate de calcium par litre. Un test de dureté digne de ce nom doit réagir à ces deux ions, et seulement à eux. La bandelette et le kit à gouttes le font par une réaction chimique colorée. Le laboratoire les dose un par un. Le testeur TDS, lui, mesure une autre grandeur, qui englobe la dureté parmi bien d’autres choses. Les notions de base (°f, classes, plage admise) sont posées dans le dossier eau calcaire et pression ; ce guide se concentre sur la mesure.
| Méthode | Ce qu’elle mesure | Finesse de lecture | Prix constaté (relevé septembre 2026) | À quoi elle sert |
|---|---|---|---|---|
| Bandelette | Dureté totale, par des cases qui changent de couleur | Par paliers : de 1,8 à 12,6 °f d’écart entre deux cases sur l’AQUADUR 4-21 | 44,50 à 59,90 € les 100 (Pierron, Amaveo) ; 5,30 € l’unité en pièce détachée | Vérifier qu’un adoucisseur adoucit encore, situer une eau dans une classe |
| Kit à gouttes (titrage) | Dureté totale, goutte par goutte jusqu’au virage de couleur | 1 °f, ou 0,5 °f en doublant le volume d’eau (APIC) | 9,30 à 13,90 € le flacon (APIC, Toodo, Amaveo, Water Concept) | Connaître son TH au degré près, régler un adoucisseur ou un lave-vaisselle |
| Testeur TDS | Conductivité électrique, convertie en mg/L de sels dissous | Plus ou moins 3 % annoncés par Josmose, mais sur une autre grandeur que le TH | 9,90 à 20 € (Josmose, Délice d’eau) | Suivre un osmoseur, repérer une variation brutale ; jamais la dureté |
| Laboratoire | Calcium, magnésium, sodium, chlorures, pH, conductivité… | Méthode normalisée, résultat détaillé ion par ion | 65 € (kit calcaire) à 156 € (potabilité d’une eau de puits) chez Terana | Eau de puits, adoucisseur à régler finement, eau soupçonnée d’être agressive |
Bandelette de dureté : une réponse en couleurs, par paliers
Une bandelette porte une ou plusieurs petites cases de papier imprégnées d’un réactif. Trempée dans l’eau, chaque case change de couleur au-delà d’une certaine teneur en calcium et magnésium, et l’on compte les cases virées, ou l’on compare la teinte à l’échelle imprimée sur le tube. Sur les bandelettes AQUADUR de Macherey-Nagel, fabricant allemand de réactifs d’analyse, les cases passent du vert au rouge. C’est simple, sans flacon ni comptage, et le fabricant parle d’un résultat en quelques secondes.
Le revers tient dans la graduation. La fiche technique de l’AQUADUR 4-21 donne ses seuils en degrés français : moins de 5,4, puis plus de 7,2, plus de 12,6, plus de 25,2 et plus de 37,8 °f. Une eau à 14 °f et une eau à 24 °f allument donc exactement les mêmes cases. Or c’est précisément dans cette plage que se prennent les décisions : au-delà de 25 °f, limite haute de la plage que l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes dit admise, un traitement de l’eau chaude commence à se discuter. D’autres avancent par pas réguliers : sur la bandelette à cinq cases vendue en pièce détachée pour les machines à café De’Longhi, chaque case compte 5 °dH, soit environ 8,9 °f.
Autre piège, le mode d’emploi n’est pas le même d’une marque à l’autre. Un revendeur de pièces De’Longhi demande de plonger la bandelette une seconde, de l’égoutter et d’attendre une minute avant de lire ; la page d’aide de Bosch consacrée au réglage des lave-vaisselle parle de la laisser une minute dans le verre. Lisez la notice de la vôtre et respectez le temps de lecture qu’elle indique. Macherey-Nagel annonce une durée de conservation d’un an à partir de la fabrication, avec un stockage entre 4 et 30 °C : une bandelette qui traîne depuis des années au fond d’un tiroir humide ne vaut plus grand-chose.
La bandelette a pourtant sa place. Pour vérifier en dix secondes qu’un adoucisseur adoucit encore, elle suffit largement : si l’eau adoucie allume les mêmes cases que l’eau du réseau, la résine ou la régénération ont un problème. Pour régler une vis de mélange au degré près, en revanche, elle ne sert à rien.
Kit à gouttes : le titrage qui compte les degrés un par un
Le principe mérite deux lignes de chimie, parce qu’il explique la précision. Le réactif contient un agent qui capture les ions calcium et magnésium un à un, et un indicateur coloré. Tant qu’il reste des ions libres dans le tube, la solution garde sa première couleur. La goutte qui capture les derniers fait virer la teinte d’un coup. Le nombre de gouttes versées est donc proportionnel à la quantité de calcium et de magnésium présente : on ne compare pas une nuance, on compte. C’est le principe de la méthode normalisée utilisée en laboratoire, la norme NF T90-003 d’août 1984, un titrage à l’EDTA que le référentiel Sandre donne comme équivalent de l’ISO 6059.
Les kits vendus aux particuliers se ressemblent tous : un tube gradué et un flacon de réactif. Ce qui change, c’est l’unité qu’ils comptent. Le TH Test d’APIC, fabriqué en France et vendu 9,90 € (9,30 € en promotion lors du relevé de septembre 2026 sur traitementdeleau.fr), se remplit à 10 mL : le nombre de gouttes nécessaires pour passer du rouge au bleu égale directement le TH en °f. Avec 20 mL, on divise le compte par deux et l’on gagne une précision de 0,5 °f. Le kit de Water Concept, à 13,90 €, compte en degrés allemands : une goutte sur 5 mL vaut 1 °dH, soit 1,78 °f, et le virage se fait du rouge au vert. La même eau à 25 °f demandera donc 25 gouttes avec le premier et 14 avec le second. Ni l’un ni l’autre ne se trompe, mais celui qui lit « 14 » sans regarder l’unité croira avoir une eau peu calcaire.
Un flacon fait plusieurs dizaines de mesures. Water Concept annonce une capacité de 700 °dH pour son flacon de 15 mL, ce qui représente une quarantaine de tests sur une eau à 30 °f. Largement de quoi mesurer l’eau du réseau, puis l’eau adoucie, puis recommencer après chaque réglage.

Comment mesurer la dureté de l’eau chez soi, pas à pas ?
La procédure ci-dessous suit un kit gradué en °f sur 10 mL, comme le TH Test d’APIC. Si le vôtre compte en °dH ou demande 5 mL, gardez les mêmes gestes et appliquez sa notice pour le volume et la conversion. Comptez quelques minutes.
- Choisir le robinet selon la question posée. Pour connaître l’eau du réseau, prenez l’eau froide d’un robinet qui ne passe par aucun traitement, souvent celui de la cuisine quand un adoucisseur est installé. Pour contrôler un adoucisseur, prenez au contraire un robinet d’eau froide situé après lui. Notez lequel vous avez utilisé.
- Laisser couler l’eau. L’eau restée immobile dans les tuyaux n’est pas représentative. Bosch conseille de laisser couler environ une minute avant de remplir le verre de mesure.
- Rincer le tube avec l’eau à tester. Water Concept le demande dans sa notice : une trace d’eau d’un autre robinet, ou de réactif d’une mesure précédente, fausse le résultat.
- Remplir exactement jusqu’au trait. Posez le tube à plat et lisez à hauteur d’œil. Un tube rempli à 11 mL au lieu de 10 surestime la dureté de 10 %, soit 3 °f sur une eau à 30 °f.
- Verser le réactif goutte à goutte. Tenez le flacon vertical pour obtenir des gouttes de taille régulière, agitez le tube après chaque goutte et comptez à voix haute. Une goutte oubliée, c’est 1 °f perdu.
- S’arrêter au virage franc. Tant qu’une nuance de la couleur de départ persiste, continuez. La mesure s’arrête à la goutte qui donne la couleur finale indiquée par la notice, bleu sur le kit d’APIC, vert sur celui de Water Concept.
- Noter le résultat complet. Le nombre de gouttes, l’unité du kit, le robinet et la date. Un chiffre sans unité ni contexte ne servira à rien dans trois mois.
- Refaire une mesure plus fine. Recommencez avec 20 mL si votre kit le permet, et divisez le compte par deux. Si les deux résultats diffèrent de plus de 1 °f, faites une troisième mesure.

Astuce
Pour savoir si votre kit dit vrai, testez une eau en bouteille dont l’étiquette donne le calcium et le magnésium. Calculez son TH avec la formule rappelée dans notre tableau de dureté de l’eau (calcium × 0,25 + magnésium × 0,41, en mg/L), puis comparez au nombre de gouttes. Choisissez une eau moyennement minéralisée, autour de 20 à 30 °f : une eau très chargée demanderait plus d’une centaine de gouttes. Si le kit tombe à une goutte près, il est fiable.
Testeur TDS : pourquoi il ne mesure pas la dureté
TDS signifie total dissolved solids, les matières dissoutes totales. L’Organisation mondiale de la santé les définit, dans le document de référence de ses lignes directrices sur l’eau de boisson (édition de 2003), comme les sels minéraux et la petite part de matière organique présents en solution : surtout calcium, magnésium, sodium et potassium, avec les carbonates, hydrogénocarbonates, chlorures, sulfates et nitrates. Le calcium et le magnésium n’en sont qu’une partie.
Le stylo, d’ailleurs, ne pèse pas les sels. Il mesure la conductivité électrique de l’eau entre deux électrodes, puis la convertit en milligrammes par litre avec un facteur qui, précise l’OMS, varie selon le type d’eau. Hanna Instruments applique 0,5 sur son testeur DiST 1 ; pour les eaux naturelles, l’hydrologue John Hem, de l’institut géologique américain (USGS), situait en 1985 la plupart des facteurs entre 0,55 et 0,75. Une même eau à 500 µS/cm affichera donc 250 ppm sur un appareil réglé à 0,5 et 350 ppm sur un appareil réglé à 0,7. Aucun des deux n’est en panne : ils appliquent chacun leur convention.
Le cas de l’adoucisseur montre pourquoi ce chiffre ne dit rien de la dureté. La résine échange chaque ion calcium, qui pèse 40 g par mole, contre deux ions sodium, qui pèsent ensemble 46 g. La masse de sels dissous ne baisse donc pas, elle augmente même légèrement sur la part échangée, et la conductivité bouge peu. Une eau passée de 30 à 12 °f en sortie d’adoucisseur peut ainsi afficher un TDS voisin de l’eau d’origine. À l’inverse, une eau chargée en chlorure de sodium peut afficher un TDS élevé tout en étant douce.
Méfiez-vous aussi des fiches produit qui présentent le TDS comme un détecteur de bactéries, de pesticides ou de métaux lourds. Un conductimètre ne voit que les ions dissous, et l’OMS indique pour cette méthode une limite de quantification pratique de 10 mg/L. La limite de qualité des pesticides dans l’eau du robinet est de 0,1 µg/L par substance, selon l’arrêté du 11 janvier 2007 : cent mille fois moins. Le testeur TDS garde un usage honnête, suivre un osmoseur en comparant l’eau avant et après la membrane, ou repérer une variation brutale de l’eau au fil des mois. Il coûte 9,90 € chez Josmose, qui annonce une précision de plus ou moins 3 %, et 20 € chez Délice d’eau (relevé septembre 2026).
Quelle valeur de TDS pour une eau potable ?
Aucune valeur sanitaire : l’OMS ne propose pas de valeur guide fondée sur la santé pour le TDS. Elle cite en revanche l’appréciation de jurys de dégustation, qui jugent une eau excellente sous 300 mg/L, bonne de 300 à 600, passable de 600 à 900, médiocre de 900 à 1 200 et inacceptable au-delà, et rappelle qu’une eau très pauvre en sels paraît fade et tend à être corrosive. La réglementation française, elle, ne parle pas de TDS mais de conductivité : l’arrêté du 11 janvier 2007 retient une référence de qualité comprise entre 180 et 1 000 µS/cm à 20 °C, ou entre 200 et 1 100 µS/cm à 25 °C. La conductivité figure dans les résultats du contrôle sanitaire, mesurée à 25 °C. Si votre appareil affiche aussi des µS/cm, c’est ce chiffre-là qu’il faut comparer, pas les ppm.
Faire analyser son eau en laboratoire : dans quels cas, à quel prix ?
Le laboratoire ne devine rien. Il titre la dureté selon la méthode normalisée, ou dose séparément le calcium et le magnésium pour en calculer le TH. Surtout, son rapport détaille ce que ni la bandelette ni le kit ne donnent : le sodium, utile pour qui boit l’eau d’un adoucisseur, les chlorures, le pH, la conductivité. Pour une eau du réseau dont le TH est publié, c’est rarement nécessaire. Pour une eau de puits, pour un adoucisseur qui se comporte bizarrement ou pour une eau soupçonnée d’attaquer les canalisations, l’analyse vaut son prix.
Terana, groupement d’intérêt public qui réunit les laboratoires départementaux de neuf départements, du Cantal au Rhône, publie ses kits pour particuliers avec leur prix et leur liste de paramètres, relevés en septembre 2026. Le kit « prévention calcaire / eau pour adoucisseur » coûte 65 € TTC et couvre le pH, la conductivité, la dureté, le calcium, le magnésium, le sodium et les chlorures. Le kit « prévention corrosion / agressivité », à 75 €, ajoute l’alcalinité (TA et TAC), le gaz carbonique libre et l’équilibre calcocarbonique. Le kit « eau de puits, forage ou source », à 156 €, combine bactériologie et physico-chimie, dureté comprise. Chaque kit arrive avec flacon, boîte isotherme, pains de glace et bon de retour prépayé, et les résultats tombent sous 10 à 12 jours ouvrés après réception des échantillons.
Un détail qui coûte cher si on le rate : le kit « eau du robinet » du même laboratoire, à 105 €, vérifie la potabilité (bactéries, nitrates, chlore, turbidité) mais ne mesure pas la dureté. Avant de commander une analyse, lisez la liste des paramètres, pas seulement le nom du forfait.
Pour trouver un laboratoire près de chez vous, partez de la liste officielle : depuis le 1er mars 2021, c’est l’Anses qui délivre l’agrément des laboratoires du contrôle sanitaire des eaux et publie la liste des laboratoires agréés, avec leurs coordonnées et les paramètres couverts. Le prélèvement demande de la rigueur : Labocéa, laboratoire public breton, exige par exemple que l’échantillon d’eau de puits arrive le jour même avant 16 h, conservé à 5 °C, à 3 °C près.

Attention
Un test de dureté ne dit rien de la potabilité. Une eau de puits peut afficher un TH parfait et contenir des bactéries ou des nitrates. Si vous buvez l’eau d’un puits ou d’un forage, seule une analyse bactériologique et physico-chimique par un laboratoire renseigne sur sa qualité sanitaire, et Labocéa rappelle qu’un usage familial impose une déclaration en mairie.
Peut-on tester gratuitement la dureté de son eau ?
Pour l’eau du réseau public, oui, et sans rien acheter. Le TH fait partie des analyses du contrôle sanitaire des agences régionales de santé, publiées commune par commune ; la fiche Service-Public F664 sur l’eau du robinet, vérifiée le 17 août 2026, dit où les consulter, du site du ministère chargé de la santé jusqu’à la note annuelle jointe à la facture d’eau. La lecture d’un bulletin est détaillée pas à pas dans le dossier, à la section comment connaître la dureté de l’eau de sa commune. Pour aller plus vite, notre outil dureté de l’eau par commune donne la médiane des analyses des 24 derniers mois, réseau par réseau.
Ce chiffre public a trois angles morts, et c’est là qu’un kit à dix euros reprend l’avantage. Il décrit l’eau qui entre dans le bâtiment, pas celle qui sort de votre adoucisseur ou d’un traitement collectif installé par la copropriété. Il n’existe pas pour une eau de puits ou de source privée. Et sur les petits réseaux, il repose sur peu d’analyses : d’après notre traitement des données publiques au 26 septembre 2026, la moitié des réseaux mesurés comptent 7 analyses du TH ou moins sur 24 mois.
Reste le « test gratuit » proposé à domicile par un vendeur d’appareils de traitement. Ce n’est pas un service public mais un argument de vente. Rien n’empêche d’écouter le chiffre annoncé, à condition de le confronter au résultat du contrôle sanitaire avant de signer quoi que ce soit. Les droits dont vous disposez face à un achat de ce type, et les limites des appareils qui ne changent pas le TH, sont détaillés dans notre fiche anti-calcaire magnétique.
Comment lire et convertir le résultat de votre test ?
Première étape, l’unité, avant même le chiffre. Un kit ou une bandelette peut compter en degrés français (°f, parfois écrit °F ou °TH), en degrés allemands (°dH, °d ou GH sur les tests d’aquarium), en ppm ou mg/L de carbonate de calcium, voire en mmol/L. Le piège le plus fréquent est le degré allemand, 1,78 fois plus gros que le français : 14 gouttes d’un kit gradué en °dH font environ 25 °f. Toutes les conversions, avec les valeurs courantes déjà calculées, sont réunies dans notre tableau de dureté de l’eau.
Deuxième étape, situer la valeur. La réglementation ne fixe aucune limite de dureté, mais il est admis, rappelle l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, qu’elle doit se situer entre 8 et 25 °f. La même ARS range sous 8 °f les eaux très peu calcaires, qui peuvent attaquer les vieilles canalisations, et au-delà de 30 °f les eaux calcaires à très calcaires, qui entartrent les conduites d’eau chaude et les appareils. Entre les deux, la décision dépend de vos appareils, pas seulement du chiffre.
Test TH, TAC ou pH : ne pas se tromper de flacon
Certaines trousses d’analyse, notamment pour les piscines et les spas, mesurent le pH et le TAC sans mesurer le TH. Le pH exprime l’acidité de l’eau : l’arrêté du 11 janvier 2007 en fait une référence de qualité comprise entre 6,5 et 9. Il ne dit rien de la quantité de calcium. Le TAC, ou titre alcalimétrique complet, mesure l’alcalinité, due surtout aux hydrogénocarbonates, qui jouent sur l’équilibre de l’eau mais ne sont pas la dureté. Sur un test d’aquarium, c’est le GH, en °dH, qui correspond au TH, pas le KH. Avant d’acheter, cherchez les mentions « TH », « dureté totale » ou « GH » sur l’emballage.
Votre résultat colle-t-il à celui du contrôle sanitaire ?
Ne vous attendez pas à retrouver la valeur officielle au degré près. Votre kit a une résolution d’une goutte, soit 1 °f. La valeur publique, elle, est une médiane de plusieurs analyses, et l’eau d’un même réseau varie selon les ressources que le distributeur mélange. Une même commune peut aussi dépendre de plusieurs réseaux : à Paris, les médianes des quatre réseaux allaient de 25,8 à 29,2 °f dans le calcul de notre outil du 26 septembre 2026. Quelques degrés d’écart n’ont donc rien d’inquiétant. Le tableau ci-dessous aide à interpréter un écart plus marqué.
| Ce que vous constatez | Cause probable | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| Écart de 1 à 3 °f avec la médiane de votre réseau | Résolution du kit et variations normales de l’eau distribuée | Rien : votre mesure confirme la valeur publique |
| Votre chiffre vaut à peu près la valeur officielle divisée par 1,78 | Kit gradué en °dH lu comme s’il comptait en °f | L’unité inscrite sur le flacon ou la notice |
| Chiffre nettement plus bas, dans un immeuble ou une maison équipée | Adoucisseur ou traitement collectif en amont du robinet | Refaire la mesure sur un robinet non traité, interroger le syndic |
| Écart important sans explication, dans une commune à plusieurs réseaux | Comparaison avec le mauvais réseau | Le réseau de votre quartier dans l’outil, pas celui du centre-ville |
| Virage de couleur dès la première goutte | Eau très douce, ou eau adoucie à zéro par un adoucisseur mal réglé | Un robinet non traité ; le réglage de la vis de mélange |
| La couleur ne vire jamais, même après des dizaines de gouttes | Réactif périmé ou eau exceptionnellement chargée | La date du flacon, puis un contrôle avec une eau en bouteille |
| TDS élevé mais TH normal, ou l’inverse | Le testeur TDS additionne tous les sels dissous | Rien : ce n’est pas la même grandeur |
Quand refaire un test de dureté ?
Après la pose d’un adoucisseur, d’abord. Mesurez l’eau du réseau sur le robinet non traité, puis l’eau adoucie. L’appareil ne doit pas descendre à zéro : pour une installation qui alimente un chauffe-eau, Atlantic exige un réglage supérieur à 8 °f et vise idéalement 15 °f, parce qu’une eau trop douce dégrade certains matériaux de plomberie. Seul un kit à gouttes permet de vérifier ce réglage ; la bandelette, avec ses paliers, ne permet pas de viser 15 °f au degré près, et sur l’AQUADUR 4-21 une eau à 13 °f et une eau à 24 °f donnent la même lecture. Refaites la mesure après chaque retouche de la vis de mélange, en laissant couler l’eau pour tester celle qui vient de traverser l’appareil.
Ensuite, chaque fois qu’un signe change. Des traces blanches qui reviennent sur la robinetterie, un bac à sel qui ne baisse plus, une bouilloire qui s’entartre de nouveau : une bandelette ou un kit tranchent en deux minutes entre une impression et un fait. Même réflexe si la note annuelle jointe à votre facture annonce un changement de ressource, ou après un déménagement.
Enfin, avant de régler un appareil qui demande la dureté. Bosch recommande de la déterminer avant la première utilisation d’un lave-vaisselle, pour choisir le bon niveau d’adoucissement intégré ; la correspondance entre votre TH et l’échelle de chaque marque fait l’objet de notre guide sur le réglage de la dureté de l’eau du lave-vaisselle. Le chauffe-eau, lui, ne se règle pas selon le TH, mais la dureté conditionne le rythme de détartrage : Atlantic recommande un détartrage tous les deux ans, et au moins une fois par an pour un chauffe-eau à résistance blindée en eau dure ; le dossier eau chaude détaille cet entretien.
Quand appeler un professionnel
Mesurer la dureté ne demande aucun professionnel. Faites en revanche appel à un plombier qualifié pour poser un adoucisseur sur l’arrivée générale, avec by-pass, piquage d’eau non adoucie pour la cuisine et évacuation des eaux de régénération, puis pour le régler au TH de sortie voulu. Si vos tests montrent qu’un adoucisseur n’adoucit plus malgré du sel dans le bac, contactez l’installateur ou le service après-vente de la marque plutôt que d’ouvrir la vanne de commande. Pour une eau de puits destinée à la boisson, adressez-vous à un laboratoire agréé et déclarez l’ouvrage en mairie. Si votre eau est très douce dans un logement ancien, un plombier peut vérifier s’il reste des canalisations en plomb. Et si le TH change brutalement au robinet sans raison chez vous, interrogez d’abord votre distributeur d’eau.
Questions fréquentes
Les bandelettes de dureté de l’eau sont-elles fiables ?
Fiables pour classer une eau, pas pour la mesurer au degré près. Une bandelette donne une fourchette : sur l’AQUADUR 4-21 de Macherey-Nagel, la même couleur couvre toute la plage de 12,6 à 25,2 °f. Elle suffit pour vérifier qu’un adoucisseur fonctionne encore. Pour le régler, ou pour renseigner la dureté d’un lave-vaisselle, préférez un kit à gouttes, précis à 1 °f.
Combien coûte une analyse de l’eau du robinet en laboratoire ?
Chez Terana, groupement de laboratoires départementaux publics, le kit « prévention calcaire » coûte 65 € TTC et le kit de potabilité de l’eau du robinet 105 €, mais ce dernier ne mesure pas la dureté (prix relevés en septembre 2026). Pour une eau de puits, comptez 156 € pour la potabilité avec la dureté. Les tarifs varient d’un laboratoire à l’autre.
Un test de dureté de l’eau se périme-t-il ?
Oui. Macherey-Nagel annonce un an de conservation pour ses bandelettes à partir de la fabrication, stockées entre 4 et 30 °C, et les flacons de réactif portent une date limite. Un réactif périmé vire mal ou pas du tout. En cas de doute, testez une eau en bouteille dont vous calculez le TH à partir du calcium et du magnésium de l’étiquette.
Peut-on mesurer la dureté de l’eau avec du savon ?
C’était la méthode historique : le mot « hydrotimétrique » vient du procédé de Boutron et Boudet, qui dosaient au milieu du XIXe siècle la dureté avec une solution de savon titrée. Le test maison de la bouteille secouée avec du liquide vaisselle, lui, ne donne aucun chiffre : la mousse dépend aussi du produit et de la dose. Un kit à gouttes coûte moins de 15 €.
Quel est le bon TH pour l’eau du robinet ?
Aucune valeur n’est imposée : l’arrêté du 11 janvier 2007 demande seulement une eau à l’équilibre calcocarbonique ou légèrement incrustante, c’est-à-dire entartrante. Il est admis, selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, que la dureté doit se situer entre 8 et 25 °f. Derrière un adoucisseur qui alimente un chauffe-eau, Atlantic exige plus de 8 °f et vise idéalement 15 °f.
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